Nous célébrons ce mardi, ‘Haï Iyar, la fête de Lag-Baomer. En ce jour, nous commémorons deux évènements : l’arrêt de l’épidémie qui décima les 24000 élèves de Rabbi Akiva ; et la Hilloula de Rabbi Chimon Bar Yo’haï, maître de la Michna et auteur du Zohar.
Quel est le lien entre ces deux évènements ?
Nos sages nous indiquent que les élèves de Rabbi Akiva périrent car « ils ne se respectaient pas mutuellement. » C’est la raison pour laquelle la période du Omer est consacrée à la lecture des Maximes de nos Pères, qui représentent le joyau des repères moraux que nous ont légués nos ancêtres.
La force d’un peuple se fait dans son unité. Tandis que la désunion révèle sa faiblesse. Le Talmud rapporte, d’ailleurs, que lorsque l’unité régnait dans le peuple Juif, son armée gagnait les batailles même si la génération était pécheresse. Alors que la génération de David – qui était très pieuse – perdit beaucoup de soldats, car les hommes ne se respectaient pas.
Rabbi Akiva disait que le verset « tu aimeras ton prochain comme toi-même » est un principe fondamental de la Torah. Quant à Rabbi Chimon, le Talmud relate le récit suivant : le pays fut touché par une lourde sécheresse ; les rabbins imposèrent des jeûnes et des prières, mais rien n’y fit. On s’adressa, alors, à Rabbi Chimon Bar Yo’haï qui prononça un discours basé sur le verset des psaumes : « Hiné Ma Tov Ouma Naïm Cheveth A’him Gam Ya’had – Qu’il est bon et agréable à des frères de vivre ensemble. » La pluie ne tarda pas à tomber à d’abreuver la terre d’Israël.
Mais comment cohabiter en dépit de nos différences et de nos divergences apparentes ?
Rabbi Chimon Bar Yo’haï nous légua le Zohar. C’est lui qui nous a appris que tout élément de la création possède une dimension dévoilée et une facette cachée qui la dépasse. Rabbi Chimon nous a appris à voir au fond des choses. Il nous dévoila les aspects cachés de la Torah et de la création. Il nous a initié à reconnaître D-ieu dans l’expression de la nature. C’est pour cela qu’il fut aussi capable d’être notre guide dans la reconnaissance de l’autre, mettant l’accent sur l’essence de l’âme.
Le Talmud affirme que Rabbi Chimon avait le pouvoir d’acquitter le monde entier et, par conséquent, de faire venir la Guéoulah. En fait, il transcendait l’exil ; il vivait déjà à l’heure de la délivrance.
C’est peut-être la raison pour laquelle sa Hilloula prend place le jour du 18 Iyar, ‘Haï signifiant vivant. Même si nous ne voyons pas aujourd’hui Rabbi Chimon, il n’en reste pas moins vivant. Son exemple nous permet de percevoir aujourd’hui, dans les ténèbres de l’exil, la lumière du grand jour qui point à l’horizon. La Guéoulah est proche. Ouvrons les yeux !
Rav Eliahou DAHAN
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