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Chevat: un mois où l’accent est mis sur le Rabbi
Le 10 Chevat marque le jour anniversaire du décès du Rabbi précédent, Rabbi Yossef Yits’hak Schneersohn, et le jour où le Rabbi, Rabbi Mena’hem Mendel Schneershon accepta de succéder à son beau-père. Pour un ‘hassid, le mois tout entier consiste à renouveler et à renforcer son attachement avec le Rabbi. L’une des innovations du ‘Hassidisme La notion de Rabbi fut l’une des caractéristiques uniques du mouvement ‘hassidique. Avant le ‘Hassidisme, la communauté juive possédait des sommités en Torah. Ils étaient révérés pour leur sagesse et considérés comme modèles de sainteté. Néanmoins, la relation entre eux et un Juif simple était différente de celle qui existe entre un ‘hassid et un Rabbi. Un Juif simple sentait toujours une séparation entre lui et l’autorité rabbinique de son époque. Il savait que ces leaders vivaient dans un monde pétri de savoir, d’érudition et de haute moralité alors que lui était impliqué dans les soucis matériels de la vie quotidienne. Certes, on pouvait consulter ce chef spirituel pour des conseils et directives, mais il était hors de question de lui parler de problèmes matériels car cela ne le concernait au plus haut chef. Un ‘hassid, par contre, soumettait à son Rabbi toutes sortes de questions: il lui parlait de ses affaires, de son mariage et de sa santé. Il faisait part au Rabbi de ses préoccupations par rapport à son étude de la Torah et de son service divin. Il impliquait son Rabbi dans tous les détails de sa vie. Bien que cette approche reflète une grande proximité, la crainte et la révérence d’un ‘hassid pour son Rabbi ne faisaient pas défaut pour autant. En fait, la distance qui les séparait était encore plus grande que celle entre un Juif simple et son chef spirituel. Quiconque s’est rendu un jour aux Quartiers Généraux du mouvement Lubavitch, 770 Eastern Parkway, a New York, a pu être témoin de ce phénomène. Quand le Rabbi entrait dans la synagogue, la foule amassée, saisie d’une crainte révérencielle, s’écartait pour lui faire un passage. Debout devant lui lors d’une audience privée, les gens frissonnaient de vénération qui émanait de lui d’une manière naturelle et spontanée. A n’en pas douter, ce respect pour une autorité rabbinique existait aussi mais pas au même degré. La révérence d’un ‘hassid était plus profonde. Lorsque le Rabbi donnait un conseil au ‘hassid, celui-ci s’efforçait de le mettre en pratique. S’il n’arrivait pas, c’était son problème. Il ne doutait pas une seule seconde que son Rabbi ait pu commettre une erreur de jugement. Dans les autres communautés, la relation était différente. Il arrivait fréquemment que, si la personne n’obtenait pas la réponse souhaitée de la part de son leader, elle aille consulter une autre autorité dans l’espoir de trouver satisfaction. Pour un ‘hassid, cette possibilité était inadmissible. Combler le fossé Cette relation paradoxale, à savoir que d’un côté, le Rabbi était impliqué dans les détails les plus intimes de la vie d’un ‘hassid, et de l’autre, il était vénéré et respecté, reflète l’objectif spirituel que le Baal Chem Tov avait cherché à infuser dans le Judaïsme. Avant l’époque du Baal Chem Tov, un fossé, un hiatus existaient entre le spirituel et le matériel, entre la sainteté et le profane. Autrement dit, les critères de bonne conduite spirituelle étaient confinés à l’étude et à la prière qui permettaient de créer une connexion avec D.ieu. Dans les activités mondaines, profanes, ordinaires, un Juif n’arrivait pas à trouver un lien visible avec la divinité. Pour cette raison, certains préféraient se retirer du monde matériel pour se consacrer uniquement à la prière. D’autres se considéraient comme des citoyens de seconde zone au sein même du Judaïsme. D’autres encore étaient à la fois dans les deux camps: celui de l’étude et des affaires. Mais ils considéraient ces deux camps comme deux domaines séparés, sans aucun lien l’un avec l’autre. Le Baal Chem Tov mit en valeur le commandement biblique: «Connais-Le dans tous tes chemins», enseignant qu’un Juif peut se lier avec D.ieu dans les moindres aspects de sa vie. Dans la prière, l’étude et les mitsvot, le lien avec Lui est inhérent et évident. Dans les choses matérielles, la connexion dépend de l’effort de l’homme. Partout dans le monde, il existe une sainteté latente que l’homme peut et doit dévoiler. Avec la force de D.ieu Pourquoi le Judaïsme traditionnel considérait-il le spirituel et le matériel comme deux entités distinctes sans possibilité de fusion entre elles? Parce qu’en vérité, ce sont réellement deux domaines bien distincts. Selon l’ordre naturel des choses, le matériel reste matériel; le spirituel relève d’un ordre plus élevé et il n’existe pas de point de convergence entre eux. Alors, comment établir un pont, une passerelle entre ces deux domaines? Seulement par le pouvoir infini de D.ieu qui, transcendant à la fois le matériel et le spirituel, peut les fusionner dans une totale et parfaite harmonie. Nos Sages enseignent: «les justes ressemblent à leur Créateur». Chaque Juif possède une âme, parcelle intégrante de D.ieu. Chez les Tsadikim, ce potentiel divin est dévoilé et par conséquent ils ont le pouvoir de fusionner le spirituel et le matériel. L’existence d’un Rabbi a donné au monde la force de réaliser cette fusion. Lorsqu’on s’attache à un Rabbi, on dévoile le potentiel divin de notre âme et dès lors, on peut nous aussi opérer cette fusion. Nous sommes au cœur même de la révolution spirituelle engendrée par le Baal Chem Tov. Voir l’avenir Le dévoilement du ‘Hassidisme par le Baal Chem Tov, loin d’être une fin en soi, avait pour objectif de «répandre les sources de ses enseignements à l’extérieur» et de déclencher ipso facto le processus messianique. En effet, la fusion ultime du matériel et du spirituel se concrétisera à l’ère de la Rédemption. Nous verrons alors comment la divinité est l’essence de l’existence. Pour anticiper, voire précipiter cette révélation, le Baal Chem Tov et ses successeurs nous ont indiqué la voie à suivre pour y parvenir. Vivre en étant pleinement conscient que D.ieu est partout, dans chaque élément de notre existence, accélère la venue de ce temps où nous n’aurons plus à faire d’efforts pour cela car «la gloire de D.ieu sera révélée et toute chair verra» Une anecdote Le pouvoir visionnaire du Rabbi est l’un de ses apports fondamentaux. Cette vision a la force d’infuser un sens et un but dans notre vie. Parfois, cette vision revêt une dimension prophétique. Le professeur Yirmyahou Branover est un expert de renommée mondiale en magnétohydrodynamique, une technologie nouvelle en matière d’énergie. L’un des premiers refuzniks en Union Soviétique qui finalement réussit à obtenir son visa d’émigration en Israël, ce professeur est aussi un ‘hassid Lubavitch à qui le Rabbi confiait souvent des missions. «Au printemps 1985, le secrétariat du Rabbi me fit savoir que le Rabbi voulait me parler», raconte le professeur Branover. «Bien sûr, je me suis dépêché de me rendre au 770. Le Rabbi m’a reçu et me demanda de transmettre un message à plusieurs personnes en Russie. Même dans mes rêves les plus fous, je n’aurais jamais imaginé le contenu de ce message. Le Rabbi me présenta les détails précis du changement incroyable qui allait se passer en Russie. Avec l’ascension au pouvoir de Mikhaïl Gorbatchev, une nouvelle ère d’ouverture et de liberté allait commencer, le Rabbi prophétisa. Des vagues entières de Juifs russes allaient émigrer en Erets Israël. Deux années après, dans l’attente de cette vague d’immigration, le Rabbi lança le projet d’une construction pour accueillir cette marée d’immigrants. Dire que j’étais stupéfait est un euphémisme. Si j’avais entendu ces paroles de quelqu’un d’autre que le Rabbi, j’aurais dit que ce sont des fantasmes. Je ne fus donc pas surpris ni offensé quand les personnes en Russie à qui je transmis ce message par téléphone restèrent septiques. Et j’ajouterais que ces gens-là connaissaient le Rabbi puisque c’étaient ses propres émissaires qui dirigeaient les opérations secrètes en Russie. Et il est vrai que les prédictions du Rabbi semblaient totalement déconnectées de la réalité. Au printemps 1985, les journaux tels que le «New York Times» et le «New York Post» avaient publié une page de couverture qui prédisait que le gouvernement de Gorbatchev allait durcir la ligne de conduite du parti communiste. Les gens qui vivaient là-bas pressentaient ce changement de manière encore plus aiguë. La concrétisation des paroles du Rabbi font maintenant partie du passé. En 1992, lorsque Mikhaïl Gorbatchev fit une visite en Israël, j’eus l’occasion de le rencontrer et je rapportai à lui et à sa femme les propos du Rabbi qu’il avait tenus sept ans auparavant. Gorbatchev en fut abasourdi. «Quand j’ai pris le pouvoir en 1987, je n’avais de plans concrets pour l’avenir», avoua–t-il. «J’aimerais vivement rencontrer cet homme qui en savait tant sur la direction de mon pays».
Les lectures bibliques de ce mois Parachat Vaéra: Si vous étiez D.ieu et que Vous vouliez que les hommes soient conscients de Votre existence, que feriez-vous? La plupart d’entre nous dirait: «Salut, J’existe!» Après tout, on aime les choses claires. On n’est pas là pour jouer; quand on est convaincu d’une idée, alors on y va. Pourquoi D.ieu n’agit-Il pas de la sorte? L’une des raisons est que s’Il le faisait, nous ne pourrions plus exister. Chaque créature existe parce que D.ieu est caché. S’Il se révélait tel qu’Il est, plus rien ne pourrait exister. Ce serait comme si on regardait directement le soleil dont la lumière puissante nous aveuglerait sans aucun doute. Si D.ieu n’avait pas occulté Sa présence dans le monde, aucune existence ne serait possible. Nous touchons ici au concept de tsimtsoum. L’un des moyens qu’Il a de se faire connaître, c’est la nature elle-même. Quand on y réfléchit sérieusement, on prend conscience que la nature, le monde en général, ne sont pas indépendants, autonomes. L’harmonie, la beauté et le cycle de la nature conduisent l’homme à reconnaître l’existence de D.ieu. Cette manière d’y parvenir reste problématique. D’abord, cela demande une réflexion et une méditation profondes, ce qui n’est pas donné à tout le monde. Ensuite, même si on arrive à un tel niveau, il n’est pas du tout sûr que l’on parvienne à la bonne conclusion. Voilà ce qui explique pourquoi D.ieu opère de temps en temps des miracles. Les Dix Plaies d’Egypte, par exemple, dont sept sont décrites dans notre Sidra: pourquoi D.ieu a -t-iL eu recours à ces plaies? Leur finalité est explicite dans la Torah: «afin que tu racontes à ton fils et à ton petit-fils ce que J’ai fait à l’Egypte… et que tu saches que Je suis l’Eternel.» Les miracles qui ont conduit à l’exode ont dévoilé clairement que D.ieu existe. Après tout, où a t-on vu que l’eau se change en sang, que les grenouilles envahissent un pays, que le grêle et le feu descendent pour détruire? A la vue de ces miracles, Egyptiens et Juifs à la fois ont pris conscience de l’existence de D.ieu. Parachat Bo: le sens simple de «bo» est «viens»; mais il veut dire aussi «entre» ou «pénètre». Moïse reçoit l’ordre de «pénétrer» dans le cœur de Pharaon pour annihiler sa force. Comme le Zohar le dit: «D.ieu fit entrer Moïse, chambre après chambre, jusqu’à ce qu’il arrive au cœur même du palais de Pharaon. Moïse, représentant de l’humanité, reçoit l’ordre de se confronter avec Pharaon pour briser son orgueil car la négation de l’autosuffisance est une dimension fondamentale dans le service divin. L’homme a reçu la mission de faire de ce monde une demeure pour D.ieu. Et cela n’est possible que si l’arrogance est annulée. Or, l’homme seul ne peut y parvenir; il a besoin de la force divine. Pour cette raison, Moïse voulut se dérober à la mission d’opérer ce changement chez Pharaon, car il savait que c’était au-dessus de ses forces. D.ieu lui dit alors: «Viens avec Moi chez Pharaon» et non pas «va chez Pharaon». Il fallait que D.ieu accompagne Moïse dans la confrontation avec le maître de l’Egypte. En fait, Moïse ne voulait pas fuir ses responsabilités; il était prêt à y aller mais pas avec ses propres forces. Son hésitation lui valut de recevoir l’assistance de D.ieu qui Seul pouvait briser définitivement l’orgueil de Pharaon. Parachat Bechala’h: le début de notre Sidra pose problème. «Lorsque Pharaon renvoya le peuple…» Pourquoi Pharaon a t-il été un agent actif dans l’exode d’Egypte? Il l’avait retenu pendant les neuf premières plaies, pourquoi tout-à coup a -t-il eu le mérite de les renvoyer? Posons encore une autre question plus essentielle: pourquoi D.ieu a-t-Il créé des tortionnaires comme Pharaon et bien d’autres bien-sûr? Pour que Pharaon puisse renvoyer les Juifs d’Egypte. Pharaon n’existe que pour participer à la libération des Juifs. Certains agissent positivement dès le départ, d’autres ont besoin de faire des efforts et de subir une transformation radicale avant que leur fond positif se dévoile. Cela n’est pas tâche facile, car parfois les Pharaons peuvent être dangereux. Mais étant les partenaires de D.ieu, nous avons la force de mener à bien notre mission. Parachat Yitro: «Je suis une personne bien au fond; je veux aider les autres, c’est très important. Le bien de mon prochain m’importe au plus haut point. Quand j’aurai fini de le faire, alors je penserai à faire le bien pour D.ieu.» Ce n’est pas un argument nouveau. Cependant, le Judaïsme n’accepte pas cette approche. Sur le Mont Sinaï, lorsque D.ieu nous a donné les Dix Commandements, Il les a divisés en deux catégories. Les quatre premiers, en axe vertical, concernent notre relation avec Lui: croire en Son existence, ne pas utiliser Son Nom pour jurer en vain, respecter le Chabbat. Les six autres, en axe horizontal, traitent des rapports avec notre prochain: honorer ses parents, ne pas tuer, ne pas voler, ne pas commettre d’adultère. Les deux catégories ont été révélées en même temps mais les commandements qui régissent les relations entre D.ieu et l’homme viennent en premier. Pourquoi? Parce que de notre propre chef, on n’est pas sûr d’être toujours des gens de bien. Il nous faut des critères objectifs qui régulent notre conduite. Un individu peut avoir les meilleures intentions du monde, mais quand il s’agit de passer aux actes, il peut faire du mal à autrui. Comment est-ce possible? Parce que «l’amour couvre tous les défauts.» et l’amour-propre est la forme la plus puissante de l’amour. Aveuglé par cet amour-propre, on peut croire que l’on fait du bien à autrui alors qu’en fait, on lui cause du tord. Aujourd’hui, nous sommes tous témoins de ce qui peut se produire si on oublie cette vérité. Au début du XXème siècle, l’Allemagne était le maître de la science, de la culture, de la philosophie et de l’éthique. Elle tenait que la réussite dépendait de l’effort de l’homme. Et pourtant, cette nation a perpétré les crimes les plus odieux contre l’humanité au nom du progrès de cette même humanité. Qui plus est, elle ne le fit pas seulement avec le soutien de la populace mais aussi avec le concours des champions de la science et de la culture qui ne se sont pas révoltés contre le régime nazi. Une immense majorité du peuple allemand a participé à ces actes barbares. Livré à lui-même, l’homme peut donc perpétrer les pires folies. La Torah nous a été donnée pour que nous ayons un étalon de justice et de bien absolus et objectifs. Notre devoir est d’accomplir les commandements divins non pas parce qu’ils nous semblent logiques, valables et bénéfiques, mais parce qu’ils relèvent d’un ordre divin, immuable et éternel.
Les dates à retenir 10 Chevat: Youd Chevat est l’anniversaire du décès du Rabbi précédent, Rabbi Yossef Yts’hak Shneerson. Ce jour marque aussi la prise de fonction du Rabbi de Lubavitch comme guide spirituel du peuple juif (5710/1950). Le jour du décès d’un tsadik "tous ses efforts déployés durant sa vie se dévoilent". Par conséquent, Youd Chevat est un jour approprié pour réfléchir aux enseignements du Rabbi précédent. De la vie du Rabbi précédent, il ressort une qualité qui a marqué de son empreinte toutes les autres réalisations qu’il a entrepris au cours de son existence, à savoir, le méssirout néfèch, le sacrifice de soi pour son peuple. Ce méssirout néfèch n’était pas limité à une situation ou à un mode d’expression particuliers. Quels que fussent les lieux où il vécut et les obstacles auxquels il fut confronté, au cœur même de l’oppression tsariste et communiste en Russie, que ce soit dans la création d’écoles juives et de yechivot dans la Pologne d’avant-guerre, ou encore dans l’initiative qu’il prit d’engager la révolution spirituelle qui allait transformer l’Amérique en un havre favorable à la vie juive, le Rabbi précédent montra un dévouement sans relâche pour le bien-être de ses coreligionnaires, tant matériel que spirituel. En tant que Rabbi, il a donné à chacun de nous la force nécessaire de suivre le chemin qu’il a tracé. 15 Chevat: le Nouvel An des arbres : Selon la Torah, "l’homme est comme un arbre des champs" A travers cette comparaison, nous devons trouver des qualités uniques aux arbres et essayer de les imiter. Contrairement aux hommes ou aux animaux dont la croissance s’arrête à un certain âge, les arbres continuent de croître jusqu’à atteindre des sommets incroyables. De même, nous hommes devons continuer à nous développer intellectuellement et spirituellement. 22 Chevat: c’est le jour anniversaire de la disparition de la Rabbanit ‘Haya Mouchka Shneerson, l’épouse du Rabbi. Sa vie fut totalement consacrée au Rabbi et à ses ‘hassidim.
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