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Tévèt: un mois énigmatique Le mois de Tévèt est mentionné deux fois dans la Bible: une fois comme le mois où Nabuchodonosor commença le siège de Jérusalem, et une seconde fois lorsque Esther fut choisie comme reine par Assuérus. Apparemment, aucun de ces deux événements ne paraît positif. Le siège de Jérusalem aboutit à la destruction du Temple et à l’exil de notre peuple; quant à Esther, même si son élection en tant que reine s’avéra positive pour son peuple, il n’en demeure pas moins que son mariage avec un roi non juif et de surcroît corrompu n’était pas à priori une chose désirable. Quel est donc le lien entre ces deux événements? En apparence, les non juifs sont puissants sur ce qu’il y a de plus sacré chez le peuple juif: ils peuvent détruire notre Temple et s’emparer de nos femmes vertueuses. Un tranquillisant sacré Face à ces situations, quel est le message du Judaïsme? Il ne faut pas s’inquiéter. Même si la situation présente est désastreuse, ce n’est seulement qu’une phase dans le plan divin. En fin de compte, tout finira bien. Cependant, savoir que tout vient du Ciel et que tout ce que fait D.ieu est pour le bien est un argument que les leaders religieux utilisent souvent pour nous tranquilliser afin que nous sentions pas la douleur et les affres d’une période difficile et que nous puissions regarder l’avenir avec un esprit plus serein. Etait-ce là vraiment le message que D.ieu voulut faire passer lors de la destruction de Jérusalem? Au contraire, tout au long du siège, D.ieu exhorta Jérémie à avertir le peuple juif des malheurs qui résulteraient de la conquête babylonienne et que les Juifs périraient dans un bain de sang. D.ieu espérait ainsi que le peuple prendrait à cœur ce message et se repentirait. Malheureusement, et en partie dû aux intentions mauvaises des soi-disant prophètes et leaders religieux de l’époque, le message ne fut pas entendu. Le peuple était convaincu que D.ieu ne laisserait pas détruire Jérusalem et le Temple, et pourtant, ce fut bien le cas. Si Esther était confortablement restée dans son palais en pensant que «D.ieu siège dans Sa tour d’ivoire céleste et que tout va bien dans le monde», elle n’aurait jamais pris l’initiative de faire l’effort nécessaire pour sauver son peuple. Et de fait, lorsqu’elle entendit la première fois que Mordé’haï, à la nouvelle du décret d’Haman, avait pris le deuil et pleurait dans les rues, elle envoya un émissaire avec des vêtements de rechange. Ce fut seulement lorsque Mordé’haï lui fit parvenir un message acerbe et réaliste qu’Esther prit conscience qu’elle devait tout faire pour sauver son peuple. Agir et non se contenter de croire Certes, il ne fait aucun doute que D.ieu contrôle tout et que chaque chose qu’Il fait est pour le bien. Mais en aucun cas, la croyance et la confiance, axiomes fondamentaux du Judaïsme, ne doivent conforter une attitude passive. Prenons un exemple ordinaire: un pauvre a besoin d’aide. On pourrait dire: tout est dans les Mains de D.ieu, Sa miséricorde est infinie et il n’y pas donc lieu de s’inquiéter car Il fera tout pour aider ce pauvre!» A ce propos, le Talmud rapporte que pour avoir fait sienne cette attitude, un Sage tarda à aider un pauvre qui, entre-temps, mourut devant ses yeux. Le Sage en question en fut terriblement choqué qu’il chercha immédiatement à rectifier sa conduite. Mais même quand le pauvre ne meure pas sur place, le fait de prendre sa situation à la légère devrait nous alarmer. Comment réagirions-nous si nous-mêmes étions en situation extrêmement difficile? Il est évident que nous resterions pas impassibles et que nous essaierions d’agir positivement. Croyance et confiance en D.ieu doivent se concilier avec la détermination ferme d’agir pour sauver autrui. Protéger notre peuple A la lumière de la situation actuelle en Israël, on doit arriver à une conclusion identique. Chaque jour, notre peuple subit de graves pertes civiles et militaires. Des terroristes sanguinaires sont traités comme des chefs d’Etat, et pour l’heure, nos dirigeants restent quasiment passifs. Mais si votre quartier était à la merci de tirs incessants, resteriez-vous inactifs? Est-ce que vous laisseriez les médias dire que les terroristes sont des héros et que les victimes sont des tortionnaires? Beaucoup diront: «Que puis-je faire? Ces problèmes me dépassent!» Ce n’est là qu’une justification pour mieux dormir. Tout journal a un courrier des lecteurs. Même si votre lettre d’indignation ne sera pas imprimée; le fait de l’avoir envoyée peut éveiller les consciences et, qui sait, aura un jour le mérite d’être imprimée. Plus encore: si, parmi les cercles d’amis, de proches, d’associés en affaires, nous avions le courage d’élever la voix pour proclamer: «Des gens innocents sont l’objet d’actes de violence, des transports d’écoliers et des automobilistes sont attaqués, bombardés, mitraillés,» alors la situation serait bien différente! Quand des dangers de mort nous guettent au fil des jours à chaque détours de rues, l’heure n’est plus aux analyses froides et logiques dont le seul but est de tempérer notre enthousiasme pour ne pas agir sur le champ. Les vertus de l’impatience De similaires concepts s’appliquent en ce qui concerne la difficulté la plus évidente qui est celle de faire face aux gens en notre temps présent: celui de l’exil. Nous ne pouvons plus nous satisfaire par l’argument: «nos parents étaient en exil et nos grands-parents étaient en exil, qu’y a-t-il de si terrible si nous restons nous-aussi en exil un petit peu plus longtemps?» Nous ne pouvons non plus l’attribuer à D.ieu prétextant que très certainement le Tout-Puissant a Ses raisons pour nous maintenir en exil et chaque moment de la Diaspora remplit un dessein divin. Car pour un Juif qui est conscient de son Judaïsme, l’exil doit être ressenti comme une blessure ouverte, une plaie douloureuse qui lui rappellent constamment que son état véritable ne peut être celui-là. Et il peut agir en ce sens. Le problème n’est pas plus grand que ce qu’il est. Comme le Rabbi le soulignait sans cesse, nous sommes si proches de la Rédemption qu’il est déjà possible de l’anticiper dans notre vie, au jour d’aujourd’hui. Et il est vrai que dans une certaine mesure, que nous l’essayions ou non, les dimensions messianiques de notre environnement, la façon dont évoluent les progrès de la science, de la technologie et de l’éducation, nous forcent à adopter cet état d’esprit. Là encore, c’est dans son cercle d’influence que l’individu peut effectuer les transformations les plus efficaces. Quand les gens voient quelqu’un qui a intériorisé les idéaux de Machia’h dans sa vie, pour le dire simplement, qu’il est, par exemple, prêt à sortir de son occupation pour aider les autres, qu’il cherche «la connaissance de D.ieu» et que cela lui apporte la plus grande des satisfactions, et qu’il désire que ces valeurs se répandent, ces gens donc commencent à considérer les choses différemment. Et quand ces germes de changements commencent à grandir, le monde dans son ensemble se transforme donnant à ces principes un véritable accomplissement. Un récit En relation avec l’impératif d’une action immédiate et concrète, quand nous sommes confrontés à la difficulté, nous aimerions partager avec vous l’histoire suivante : L’atmosphère changea sur le champ. les élèves se mirent à suggérer des plans différents: certains pensaient qu’il fallait fuir, d’autres arguaient que cela soulèverait le soupçon et qu’il était bien possible que plusieurs d’entre eux soient pris. Il vallait mieux prendre des journaux et des livres de science politique et prétendre être en train de discuter d’événements courants. Un troisième groupe maintenait que la ruse ne servirait à rien. Ils suggéraient plutôt de se cacher dans l’immeuble. Il y avait là un soubassement et plusieurs placards dans lesquels on ne les trouverait peut-être pas. La discussion s’échauffa, chacun défendant ses suggestions. Et puis le second étudiant descendit en annonçant que le groupe suspect était parti de façon inattendue tout comme il était venu; le farbrengen pouvait continuer…Reb ‘Hatché dit aux étudiants: «votre conduite suscite une question». Ils l’écoutèrent continuer: «qu’est-ce qui est plus important pour vous: les choses matérielles ou les choses spirituelles?». Les étudiants en question étaient honnêtes et répondirent immédiatement: «les choses matérielles». «Pourquoi alors, demanda Reb ‘Hatché, quand je vous ai parlé de choses spirituelles, vous vous êtes mis à pleurer, et puis quand un problème s’est posé sur votre sécurité, personne n’a pleuré?». «A quoi pleurer aurait-il servi, répondit un élève, il fallait faire quelque chose!». «Oh! je vois, reprit Reb ‘Hatché, vous pleurez quand vous savez que vous n’allez rien faire pour résoudre un problème!» Les lectures de la Torah Parachah Vayigache: Notre lecture de la Torah relate que lorsque Joseph révéla son identité à ses frères, «il pleura sur le cou de son frère Benjamin et Benjamin pleura sur son cou». Nos Sages expliquent que Joseph pleurait parce qu’il avait une vision prophétique des deux Temples, construits dans la partie revenant à la tribu de Benjamin et qui allaient être détruits. Et Benjamin pleurait parce qu’il avait une vision du temple de Chilo, construit dans le territoire de Joseph et qui lui aussi allait être détruit. Nos Sages demandent: pourquoi chacun pleurait-il sur la tragédie de l’autre? Pourquoi ne pleuraient-ils pas sur les difficultés qu’allaient rencontrer leurs propres descendants ? Et ils expliquent que pleurer est un geste de sympathie et d’attention, une manière d’aider son prochain à se sentir mieux quand il n’y a rien d’autre à faire pour l’aider. Mais quand il s’agit d’un ami, il est tout à fait possible de ne trouver aucune manière de l’aider, car en vérité, c’est la personne elle-même qui doit résoudre ses propres difficultés. Mais quand il s’agit de son propre sanctuaire, pleurer n’est pas une réponse. Il faut faire quelque chose. La personne doit se regarder honnêtement, trouver la racine de la difficulté et se mettre à la résoudre. Parachat Vaye’hi: Le nom de cette lecture de la Torah signifie: «Et il (Jacob) vécut». Toutefois, la majorité de la parachah est consacrée à la mort de Jacob. Elle décrit ses derniers messages à ses fils et les détails de ses funérailles, mais rien sur sa vie. Dans un texte en relation avec la parachah, nos Sages enseignent: «Jacob, notre Patriarche n’est pas mort. Tout comme ses descendants sont vivants, il l’est aussi». La parachah Vaye’hi nous montre la vie des descendants de Jacob, comment ils entrèrent dans l’exil égyptien et préservèrent leur identité, comment ils établirent l’unité entre eux et enregistrèrent le message de la Rédemption pour la postérité. De cette façon, ils assurèrent la continuité de leur propre vie, et de cette façon aussi, leur ancêtre Jacob resta en vie. Parachat Chemot: Parmi les éléments soulignés dans cette parachah est le choix que fit D.ieu de Moïse pour diriger Son peuple. Par quel processus D.ieu se révéla-t-il à Moïse? Il fit en sorte que l’un des agneaux dont Moïse était le berger s’enfuit. Moïse, concerné non seulement par le troupeau dans son ensemble, mais aussi par chacun de ses membres, le poursuivit, anxieux de le ramener sain et sauf. Quand D.ieu vit cela, Il sut que Moïse était l’homme qu’il fallait pour diriger le peuple juif. Et ainsi révéla-t-Il Sa présence dans un buisson ardent. Là encore il y avait un test. D.ieu n’appela pas Moïse jusqu’à ce qu’il se détourne de son chemin et contemple le miracle devant lui. Quand «D.ieu vit qu’il s’était tourné de côté pour voir», Il l’appela. Trop souvent nous laissons nos demains continuer comme nos hier. En fait, nous espérons même que le modèle ne changera pas pour que nous puissions continuer à vivre exactement comme la veille. Et même lorsque nous voyons quelque chose d’étrange et de différent, nous nous dépêchons de passer sans prendre le temps de nous y attarder de peur que cela ne vienne briser notre mode de vie existant. Moïse n’était pas comme cela. Quand il vit quelque chose de spécial, il s’arrêta. Il prit le temps d’apprécier le message qui lui était montré et quand D.ieu vit la volonté de Moise à s’ouvrir au changement, Il lui confia Sa mission. Parachat Vaéra: Si vous étiez D.ieu et que vous vouliez que les gens soient conscients de votre existence, que feriez-vous? La plupart d’entre nous répondraient: Dîtes simplement «Bonjour»! Après tout, nous aimons que les choses soient évidentes. Nous ne sommes pas intéressés par les jeux. Si nous voulons quelque chose, nous allons le chercher. Pourquoi D.ieu ne fait-Il pas cela? L’une des raisons est que s’Il le faisait, nous ne pourrions plus exister. Chaque être créé existe parce qu’Il se cache. S’Il devait se révéler comme Il est, rien d’autre ne pourrait exister. Ce serait comme regarder directement le soleil, sa lumière en serait trop puissante. S’Il ne devait pas Se retirer et Se cacher, nous ne pourrions pas exister. Pour introduire un terme mystique, c’est le concept de tsimtsoum, de contraction. L’un des outils que D.ieu utilise pour Se faire connaître c’est la nature elle-même. Quand une personne regarde profondément, elle en vient à la conscience que la nature ne peut exister par elle-même. Elle possède une harmonie trop profonde, trop immense. Le rythme intérieur et perpétuel est trop puissant pour qu’on puisse l’ignorer. C’est l’un des moyens par lequel l’homme en vient à apprécier D.ieu. Toutefois, ce moyen est problématique: tout d’abord il requiert de la contemplation et de la pensée profonde. Tout le monde ne peut accéder à cette prise de conscience. D’autre part, même si un individu est capable d’atteindre une telle compréhension, ce ne sera pas sa réaction inhérente. C’est pour cette raison que de temps à autre, D.ieu accomplit des miracles , par exemple les Dix Plaies qu’Il envoya sur les Egyptiens , dont sept sont décrites dans la parachah de cette semaine. Pourquoi D.ieu envoya-t-il les plaies? Son intention est clairement énoncée dans la Torah: «pour que tu dises…à ton fils et à ton petit-fils que J’ai ridiculisé l’Egypte …pour que tu saches que Je suis D.ieu». Les miracles de l’Exode rendirent tout à fait évidente l’existence de D.ieu. Après tout, normalement, l’eau ne devient pas du sang, les grenouilles ne grouillent pas sur la terre et de la grêle enflammée ne tombe pas du ciel. Voir ces miracles les uns après les autres fit prendre conscience à tous, aux Juifs comme aux Egyptiens, de l’existence de D.ieu. Les dates du mois 5 Tévet: Didan Netsa’h, la date historique de la décision légale ordonnant le retour de la bibliothèque de Agoudat ’Hassidé ’Habad à ses véritables propriétaires. 10 Tévet: Assara beTévet, le jeûne commémorant le commencement du siège de Jérusalem. 20 Tévet: le Yahrseit (anniversaire de la disparition) de Maimonide, le Rambam. 24 Tévet: le Yahrseit de l’Alter Rebbe, Rabbi Chnéour Zalman de Liadi, fondateur du
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